Comment le livre de Greg McKeown, L’essentialisme, a changé ma vie

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Temps de lecture : 7 minutes

Il y a des livres que l’on lit et que l’on oublie. Mais il y a ceux qui vous marquent, qui changent la direction que vous empruntez jusqu’alors. L’essentialisme de Greg McKeown est de ceux-ci pour moi. Il y a eu un avant et un après. 

Ce livre est arrivé à un moment de questionnement. J’avais déjà emprunté le chemin du minimalisme, notamment en me séparant de beaucoup de mes possessions matérielles. Je me sentais déjà plus libre, mais un blocage restait. L’essentialisme a été la réponse à ce blocage. 

Vous êtes-vous déjà senti désemparé face à une multitude de choix ? Avez-vous déjà eu l’impression d’emprunter un chemin qui n’était pas vraiment le vôtre ? 

L’essentialisme nous pousse à réfléchir, à prendre un pas de recul sur notre vie. L’objectif ultime ? Définir notre Essentiel qui va agir comme un guide pour notre vie. 

Les personnes qui ont défini leur Essentiel y voient plus clair, avancent plus vite et vont plus loin. Elles ne sont pas plus intelligentes ou plus brillantes que la moyenne. Non, elles sont juste de celles qui ont compris et accepté qu’il est impossible de tout mener de front, qu’il faut faire des choix. Faire des choix pour s’épanouir.

Ce livre a changé ma vision de la vie, pour mon futur personnel et professionnel. Il était évident que je devais partager les enseignements que j’en retire. Voici donc une synthèse des grandes idées de l’essentialisme tel que Greg McKeown les présente, mêlée à mon avis personnel, depuis que j’expérimente ce mode de vie. 

Une priorité et non des priorités

Greg McKeown ne serait sans doute pas d’accord avec mon interprétation, mais selon moi, le concept le plus important à appréhender pour comprendre l’essence même de l’essentialisme est celui de priorité. 

Dans les premiers chapitres du livre, j’apprends que le mot “priorité” fait son apparition au 14e siècle et est alors uniquement singulier. Ce n’est qu’à partir du 20e siècle qu’on emploie ce mot au pluriel. 

Quand on y réfléchit, au cours des trois dernières décennies, il est vrai que ce mot a perdu de son sens. Dans les entreprises, on affiche fièrement les “priorités du moment”. Dans les magazines, on nous explique comment mener de front vie de famille et vie professionnelle. Et sur les réseaux sociaux, on a l’impression que tout le monde mène la vie parfaite, à 100 à l’heure, passant du boulot, à la soirée avec les amis, puis au week-end en amoureux en un claquement de doigts.

Pourtant, avoir plusieurs priorités est un non-sens. 

Le Larousse définit le mot priorité comme “le fait pour quelque chose d’être considéré comme plus important que quelque chose d’autre, de passer avant toute autre chose”. La définition même du mot implique une seule chose, il n’est pas possible d’avoir plusieurs choses de première importance.

Dès lors que l’on accepte qu’il n’est pas possible de tout mener de front, qu’il nous faut faire des choix, on se met en marche vers le “moins, mais mieux”. 

À l’époque de ma lecture du livre, je vis un moment de doute et de questionnement. Mon activité professionnelle de freelance commence à bien marcher et j’ai la possibilité de continuer à la développer. Je pourrais construire une petite équipe pour pivoter, développer mon chiffre d’affaires et ma structure pour fonder une sorte d’agence. C’est une de mes ambitions, j’y pense depuis quelque temps déjà. 

Mais, une autre ambition tient également une place très importante dans ma vie : le voyage.

Depuis plusieurs mois, j’ai quitté la France, mes possessions tiennent dans un sac à dos et je travaille tout en voyageant. Je change régulièrement d’endroit, environ une fois par mois, mais parfois plus souvent. Ce mode de vie est très épanouissant, mais aussi très énergivore. Je prends régulièrement des journées off ou même des semaines entières de vacances pour découvrir l’endroit où je me trouve. 

Je pense que vous commencez à percevoir le problème de ces deux ambitions. 

Elles ne sont pas compatibles. Comme beaucoup d’autres choses dans la vie. Certainement comme vos propres ambitions.

Alors évidemment, les mots de Greg McKeown font sens et je comprends immédiatement que mon principal problème réside dans le fait d’avoir plusieurs priorités. Je ne peux pas développer mon activité professionnelle, construire une équipe ET voyager à temps plein.

Je ne peux pas prendre des vacances toutes les six semaines et être à la tête d’une équipe, former d’autres personnes. 

Je ne peux pas changer de lieu tous les mois et avoir l’énergie nécessaire au développement d’une agence web. 

Comme une évidence, au fil de la lecture du livre, je sais que je dois choisir ma priorité. Greg McKeown nous accompagne au gré des pages à mettre en place la démarche essentialiste. Et c’est comme ça que selon le modèle de l’auteur, j’ai (1) examiné l’existant, puis (2) éliminé le superflu, pour définir mon Essentiel : le voyage. 

Mais attention, avoir défini son Essentiel ne signifie pas qu’il est facile de le mettre en place et surtout, de le garder. La troisième étape consiste à balayer les obstacles pour mieux avancer. Mais c’est un effort de chaque instant. 

Agir pour soi et non pour les autres

L’un des plus gros challenges dans la mise en place de l’essentialisme dans ma vie, et surtout pour garder le cap, est d’accepter d’agir avant tout pour moi, et non pour les autres.

Il faut appréhender ce concept de manière globale. Il ne s’agit pas d’ égoïsme, mais plutôt de se préserver afin d’être en mesure d’offrir aux autres le meilleur de nous-mêmes. 

Il faut déjà comprendre qu’il n’est pas possible de séparer les domaines de sa vie. Notre jauge d’énergie quotidienne ne se remplit pas de nouveau à la fin de notre journée de travail pour commencer notre vie personnelle. Non. Nous sommes bien une seule personne et notre énergie disponible chaque jour est bien unique. 

Dès lors, essayer de contenter tout le monde est voué à l’échec.

Greg McKeown nous explique que l’essentialiste doit “faire tomber trois croyances profondément ancrées dans nos mentalités : « Je dois », « Tout est important » et « Je peux tout mener de front ».” 

Ce n’est que lorsqu’on arrive à se libérer de ces trois croyances que l’on peut avancer. À la lecture de ceci, je réfléchis à l’origine de ces injonctions dans ma vie. Lorsque je me dis “je dois faire X”, d’où cela vient-il ? La plupart du temps, il s’agit de satisfaire l’attente d’une tierce personne. Il s’agit rarement d’accomplir une tâche qui me plaît.

Alors, j’ai commencé à vivre pour moi.  

Concrètement, je ne suis pas disponible le matin par exemple, pour personne. C’est le moment de la journée où je suis le plus efficace, donc ça me permet d’avancer sur mon travail. Je n’accepte pas d’appels, ni avec mes clients ni avec mes proches. Pourtant, quand j’étais au Mexique, le décalage horaire faisait que mes proches avaient tendance à m’appeler en milieu de matinée (ce qui correspondait au milieu d’après-midi en France). 

Au début, ça n’a pas été facile à comprendre pour eux. J’étais loin et ils étaient déçus de ne pas pouvoir m’appeler quand ils en avaient envie. Il a fallu que j’explique pourquoi je mettais ça en place. Ensuite, j’ai proposé de prendre des rendez-vous pour s’appeler. Oui, même avec mes parents ou mes grands-parents ! 

Fixer des moments où je suis disponible pour mes proches me permet d’être à 100% dans ces moments lorsque je suis avec eux. Je ne pense pas au boulot, à ce que j’ai à faire après, je vis l’instant présent parce que je l’ai prévu dans ma journée. 

En revanche, si on m’appelle en milieu de matinée, lorsque je suis très concentrée dans mon travail, je n’ai pas l’énergie disponible à ce moment-là ni la volonté d’être dans le partage d’un moment chaleureux. 

Penser à moi avant les autres me permet de donner beaucoup plus lorsque je suis avec eux. 

Vivre pour soi paraît égoïste à bon nombre de personnes, et pourtant lorsqu’on commence à le faire, on devient plus heureux, plus épanoui, on a une meilleure énergie et on est en mesure de donner plus aux autres. Lorsqu’on commence à voir les choses sous cet angle, l’image de l’égoïste change vers un concept plus sage à mon sens. 

Prenez soin de vous avant de prendre soin des autres.

Une prise de décision guidée et simplifiée 

Un autre frein majeur à l’épanouissement dans notre vie est la prise de décision. Greg McKeown évoque la fatigue que l’on ressent devant la multitude de choix, qui a grandi de manière exponentielle au cours du dernier siècle. 

Dans les années 90, le psychologue Roy Baumeister a théorisé ce concept qu’il nomme la fatigue décisionnelle. C’est un concept assez simple. Comme un muscle, la volonté se fatigue au fil de la journée, et on devient alors plus lent mentalement. Lorsqu’on arrive à un stade de fatigue décisionnelle extrême, on peut même faire face à une incapacité à prendre des décisions. 

Dans mon cas, j’ai expérimenté les bienfaits d’avoir moins de possessions matérielles dès mes premiers mois en tant que nomade. Je voyage avec un sac à dos de 50 L, qui contient tous mes vêtements. J’ai 7 t-shirts, 3 shorts, 1 jean et 1 pull (et des affaires de sport). Le matin quand je dois m’habiller, je ne réfléchis pas à ce que je vais mettre. Je ne passe pas 30 secondes à me demander si la couleur de ce t-shirt est assortie à la couleur de ce short. D’abord, car tous mes vêtements sont choisis pour aller ensemble, mais surtout parce que la plupart du temps, je mets les vêtements qui sont propres, ceux que j’ai sous la main. 

J’ai supprimé l’une des premières décisions du matin, celle qui peut être vraiment problématique devant les garde-robes que l’on a la plupart du temps de nos jours – et que j’avais avant de partir bien sûr

Prenez quelques secondes pour y réfléchir. Combien de temps passez-vous le matin à choisir votre tenue de la journée ? N’avez-vous jamais éprouvé de difficultés à choisir le plat au restaurant devant une carte avec trop de choix ? En fin de journée, ne vous est-il pas compliqué de choisir le menu du dîner ?

Je suis sûre que oui.

Alors quel lien entre la fatigue décisionnelle et l’essentialisme, vous demandez-vous certainement ?

L’essentialisme vient nous aider à diminuer cette fatigue décisionnelle. 

Il pose un cadre pour la prise de décisions dans tous les domaines de notre vie.

Une fois que l’on a défini son Essentiel, sa priorité, il est plus simple de prendre des décisions. À chaque opportunité qui se présente, à chaque hésitation entre deux choix, une seule question : cela sert-il mon Essentiel ?

Greg McKeown présente la réponse de manière claire et limpide, si la réponse n’est pas un grand OUI, alors c’est non. 

Parfois, cela n’est pas facile de dire non. À un ami, à son patron, à son client, à son conjoint… L’essentialisme ne résout pas tous les problèmes de la vie. En revanche, il simplifie l’acte de prise de décision, ce qui permet de réduire au maximum la fatigue décisionnelle.

Rien n’est figé

En définissant sa priorité, grâce à l’essentialisme, on préserve sa jauge d’énergie et de volonté. 

J’ai récemment partagé ces concepts à une amie et elle a soulevé un point important : notre Essentiel peut-il évoluer avec le temps ? 

Bien sûr et c’est même une évidence selon moi. Greg McKeown ne répond pas à cette question, mais je vous partage mon avis. Nous évoluons constamment au fil de nos vies. Parfois, notre priorité se situe plutôt sur la vie professionnelle et parfois elle portera sur notre vie personnelle. Il faut veiller à bien redéfinir notre Essentiel dès qu’un changement de cap s’amorce. 

Gardez en tête les trois grands principes que je vous ai partagés : définir sa priorité unique, agir pour soi avant de prendre soin des autres et prendre ses décisions en fonction de son Essentiel. 

Qu’allez-vous changer dès demain pour faire un premier pas vers votre Essentiel ?

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